Au cinéma en juillet

Le mois de juillet sera riche en films intéressants et inattendus. Au menu, des comédies de toutes sortes, des drames évoquant le monde moderne, des rencontres improbables, des BD adaptées au cinéma...


Des comédies hétéroclites : un vaudeville, un chien, des profs, des ados et un mannequin gay déjanté 

 

Bambou affiche

Le mois de juillet réjouira les amateurs de comédies qui pourront découvrir des œuvres variées et surprenantes. Nous retiendrons d'abord le 7e opus de l'ex-inconnu Didier Bourdon, Bambou, relatant la difficile arrivée d'un chien au sein d'un couple à la dérive. Dans un autre genre, le cinéaste Emmanuel Mouret nous livre un véritable vaudeville avec Fais-moi plaisir. À partir d'une trame de jalousie, le film multiplie les embrouilles et les situations cocasses avec un ton relativement décalé et enjoué.

fais-moi plaisir affiche
brüno affiche

Deux films abordent avec humour le thème de l'enseignement : Sans Rancune d'Yvan Hachar et La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld. Dans le premier cité, Thierry Lhermitte joue le rôle d'un professeur imprévisible et iconoclaste (à la Keating dans Le cercle des poètes disparus) qui pousse un élève à problèmes dans la voie de l'écriture. Le tout se passe dans le contexte d'après deuxième guerre mondiale. La journée de la jupe nous ramène à notre époque : une prof complètement névrosée prend sa classe difficile en otage afin... de lui donner cours tout simplement ! 

Enfin, nous aurons l'occasion de voir deux comédies plus déjantées et plus trash. Les beaux gosses de Riad Satouf est une « teenage comedy » française qui décortique avec dérision les déboires de deux adolescents dans leur quête désespérée de trouver à tout prix une copine. Le politiquement incorrect sera encore plus mis en exergue dans Brüno de Larry Charles avec Sacha Baren Cohen. Les deux comparses avaient déjà sévi par le passé avec le sulfureux et décapant Borat, tourné comme un faux documentaire. Brüno reprend les mêmes ingrédients mais cette fois-ci, il épingle avec humour plusieurs sujets délicats comme l'homophobie, la mode et les people.

 

Drames du monde moderne et rencontres inattendues

mammoth

Les sorties de juillet feront également la part belle au drame, décliné de plusieurs manières. D'abord, plusieurs films dépeignent le choc violent des différentes cultures entre elles. C'est le cas de Disgrâce, long métrage de Steve Jacobs illustrant le difficile héritage de l'Apartheid en Afrique du Sud et les relations empruntes de ressentiments entre blancs et noirs. Mammoth du cinéaste suédois Lukas Moodysson raconte la rencontre entre deux modes de vie, celui d'une famille américaine aisée et celui d'une famille des Philippines. En confrontant ces deux mondes, Mammoth s'inscrit dans la lignée des travaux du cinéaste mexicain Inarritu (Babel).

soloist

Plusieurs films parlent aussi des excès et des côtés néfastes du monde moderne. Le film américain The Soloist, de Joe Wright, traite du fossé énorme entre les nantis et les laissés pour compte dans la ville des rêves, Los Angeles, via une improbable rencontre entre un journaliste et un musicien de rue. Towelhead de Alan Ball (créateur de la série Six Feet Under) poursuit cette exploration au vitriol d'une société américaine hypocrite et puritaine. Le film évoque ces travers via l'histoire d'une adolescente d'origine libanaise, s'initiant à la sexualité.

Deux films français s'inscrivent encore dans cette critique du monde moderne. L'autre (voir notre article) de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic part d'une histoire de jalousie pour aborder le thème de la solitude désespérante et aliénante dans nos sociétés modernes et technologiques. La solitude est aussi le sujet de Je vais te manquer d'Amanda Sthers, un film choral où plusieurs personnages aux parcours divers vont se croiser et se rencontrer un instant dans le cadre d'un aéroport.

 

Nous retiendrons aussi le drame Still Walking de Hirokazu Kore-Eda, une chronique familiale japonaise. Le film parle de la difficile rencontre annuelle d'une famille et explore plusieurs sujets comme celui du deuil et celui de la transmission.

 

Les animations

Outre le troisième opus de Ice Age, deux animations attirent l'attention en juillet. D'une part, la célèbre BD belge de Willy Vandersteen, « Bob et Bobette » est portée sur le grand écran dans une aventure intitulée Bob et Bobette et les diables du Texas. Les deux célèbres personnages sont ainsi mis en scène dans une histoire de western par Mark Mertens et Wim Bien. D'autre part, le film français Lascar marque le passage d'une série télévisée au cinéma. Il se démarque par son graphisme très coloré, ses décors de banlieues et ses personnages jouant sans cesse avec les stéréotypes des racailles ou des rappeurs.

 

Les films à ne pas manquer !

L'autre : une descente vertigineuse dans la folie et la solitude moderne et une manière originale d'aborder le thème récurrent de la dualité.

Disgrâce : film complexe sur l'Apartheid et avec la performance remarquable de l'acteur John Malkovitch.

La journée de jupe : une approche drôle et innovante d'un sujet tellement d'actualité depuis de nombreuses années, remettant encore en question le principe de l'autorité.

Mammoth: une œuvre qui explore la terrible incommunicabilité et l'incompréhension entre deux mondes cloisonnés par la confrontation de différents points de vue.

l'autre  disgrace journée de la jupe

 

 

Sylvain Bayet
Juillet 2009

 

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Sylvain Bayet est étudiant en 2e Master en Arts du spectacle à finalité didactique.