Surréalisme : 100 mots pour le dire !

Qu'est-ce que le surréalisme ? Un mouvement littéraire sans doute. Mais qui a contaminé les arts plastiques, le cinéma, la photographie. Et s'est aventuré dans la politique. Jean-Pierre Bertrand (ULg) et Paul Aron (ULB) ont réussi la gageure d'en restituer toute la diversité et la richesse en 100 mots. Un ouvrage de la collection « Que sais-je ? ».

surréalisme

Dans ce genre d'ouvrage1, les auteurs doivent jouer le jeu de la formule, même s'il est difficile de réduire un mouvement d'une telle ampleur à 100 mots.  Jean-Pierre Bertand et Paul Aron  se sont mis d'accord sur un principe : aucun  nom propre ne serait retenu. « Dans le cas contraire, explique Jean-Pierre Bertrand, nous aurions vite rempli le contrat car le mouvement surréaliste est vaste mais cela n'aurait pas présenté grand intérêt de le décrire à travers des mini-biographies ou des portraits d'auteurs. Nous avons donc choisi de nous limiter aux notions, aux concepts qui sont les fondements même du mouvement. Nous avons aussi décidé de nous limiter à 1800 signes par notice pour ne pas  mettre l'accent sur une idée plutôt qu'une autre. »

Les 100 mots ont été choisis dans plusieurs registres. Ainsi, certains renvoient aux caractéristiques esthétiques du mouvement. On peut ranger dans cette catégorie des entrées comme Acte, Esprit nouveau, Hasard, Jeux de mot, Langage et bien d'autres. Un second registre porte sur l'organisation du mouvement, le fonctionnement du groupe : Avant-garde, Dissidences, Groupe ou Polémiques, Procès, etc.  D'autres mots encore visent à cerner l'étendue du mouvement vers des formes artistiques autres que la littérature (Cinéma, Photographie, Architecture, Arts plastiques, etc.) . Plusieurs notices sont aussi consacrées à des pays où le surréalisme français a fait école : Amérique latine, Espagne, États-Unis, Canada, Antilles, etc.

Et la Belgique ? Notre pays a bien évidemment droit à sa notice. On y lit ainsi qu'un premier groupe surréaliste belge se constitue dès novembre 1924 autour de Paul Nougé, bientôt rejoint par René Magritte, les deux figures de proue du mouvement en Belgique ; un autre groupe s'est créé dans le Hainaut autour d'Achille Chavée. Mais l'adhésion au mouvement parisien n'est pas totale, aveugle. Nougé s'est opposé à l'écriture automatique. Les Belges se sont élevés contre la consécration du mouvement, sa routinisation. Magritte dira même que le mot surréalisme ne signifiait rien pour lui! Mais la Belgique se retrouve encore citée dans d'autres notices comme celle consacrée à la musique. Breton était sourd à celle-ci, mais la musique surréaliste s'affirme à Bruxelles grâce notamment au compositeur André Souris.

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Henri Dupuis
Décembre 2010

crayon

Henri Dupuis est le rédacteur en chef du site Reflexions.

 


 

1 Les 100 mots du surréalisme, Paul Aron et Jean-Pierre Bertrand, PUF, collection « Que sais-je? », 2010