Y a plus de saisons !

Nous vous en parlions déjà en juillet. Et si sa préparation restait ouverte à tout le monde, c'est ce samedi 16 octobre qu'a été inauguré officiellement le festival des cinq saisons. Pour rappel, il s'agit d'un réaménagement du Parc de Hauster à Chaudfontaine dans lequel sont intégrées des œuvres végétales mariant nature et culture. Mais pas seulement.

Au-delà des attentes

Une des particularités du festival est de marier éphémère et durée. Les œuvres, végétales, sont évolutives et répondent aux cycles des saisons. Certaines sont vouées à disparaître. Mais d'autres viendront s'y ajouter sans cesse. « Le festival est d'ailleurs divisé en plusieurs phases, explique Rita Occhiuto, architecte paysagiste. La première phase était relativement ingrate parce qu'elle a nécessité énormément de temps et de moyens pour réaménager le parc pour un résultat qui ne se remarque pas spécialement directement à vue d'œil ». Et pour cause. Le parc, dans son ensemble, a entièrement été repensé. Certains chemins de bitume ont été détruits, d'autres ont été créés ou reconstruits de manière plus sinueuse pour suivre le lit de la Vesdre qui ceinture le parc. Des puits d'eau ont également été créés, il a fallu aménager tout un réseau de câblages et d'éclairages pour servir au mieux les œuvres qui allaient venir peupler le parc. Un travail titanesque qui été mené habilement et rapidement. « Initialement, nous nous sommes donné trois ans pour que le projet tienne la route. Et nous en sommes à la première année. Nous avions pour ambition de déjà accueillir 4 œuvres d'art. Nous en avons 15 - dont certaines monumentales - et 4 jardins en plus », se réjouit Dorothée Luczak, directrice artistique du festival.

L'art s'intègre au monde et brise les frontières

À terme, le festival des 5 saisons se consacrera à un développement urbain qui s'étend bien au-delà du parc. La volonté est de décloisonner l'art et les frontières en général, volonté qui se traduit de différentes manières. La première frontière brisée, et peut-être la plus noble, est entre l'art et le monde. Nous sommes très loin de l'art pour l'art d'un Théophile Gautier. Ici, les œuvres sont intégrées au parc, en adéquation totale avec leur environnement, et suggérées plus qu'imposées aux promeneurs. « Il ne s'agit pas d'un musée en plein air mais d'un parc, dont l'accès est libre et gratuit, nuance Rita Occhiuto. Nous ne voulons pas imposer ces œuvres. Elles ont une vocation d'échange avec le public, incitent à poser un regard différent sur la nature. L'art contemporain, ici, reste tangible et propose des suggestions d'aménagement, de dispositions paysagères et de recyclage. Et nous prenons toujours le temps d'expliquer ce que nous faisons aux passants qui nous posent des questions. »

Une frontière entre nature et culture est également brisée. Tout est prétexte à œuvre d'art. Un chêne abattu reçoit une sépulture, le processus de putréfaction est mis en scène dans un tableau composteur, et une branche d'arbre devient un héron. « Il y a une anecdote amusante à ce sujet, raconte Dorothée Luczak. La branche était tombée d'un arbre en plein milieu d'un cours d'eau. Les ouvriers ont voulu la bouger et les botanistes voulaient préserver la biodiversité présente dans cette énorme branche. Chloé De Wolf et Joël Larouche ont alors peint l'extrémité de la branche en bec de héron et ont fait de ce désordre une des œuvres du parc. Ceci dit, cette branche s'enfonce peu à peu dans l'eau et va bientôt disparaître. Et les mêmes ouvriers qui voulaient l'enlever cherchaient désespérément des moyens pour la maintenir en place. »

héron

Le temps et l'espace sont également décloisonnés. Le festival a pour ambition de s'inscrire dans la durée, avec des œuvres qui toutefois évoluent. Le public ne verra jamais exactement les mêmes œuvres. Le festival s'étend également bien au-delà du parc puisqu'il initie un projet urbain bien plus large. Il est le fruit d'une collaboration interdisciplinaire entre la commune de Chaudfontaine et l'asbl Les Ateliers d'Art contemporain, aidés par le programme Interreg IV A Euregio Meuse-Rhin (cofinancé par le FEDER). Se sont joints au projet des politiciens, des artistes, des architectes, des botanistes, et même des éditeurs puisque la maison d'édition Mardaga, en partenariat avec les Ateliers d'Art contemporain, propose trois ouvrages (deux monographies respectivement consacrées à Bob Verschueren et à Christine Mawet ainsi qu'un ouvrage sur le festival dans son ensemble).

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