En définitive, le parc est extrêmement agréable et un bon moment est garanti à tous ceux qui auront l'heureuse initiative d'aller s'y promener. Pour les artistes qui désirent proposer des œuvres, un appel à projet est lancé et ouvert à tous. Vous trouverez les critères de sélection sur le site http://www.festival5saisons.org. En attendant, voici un petit tour d'horizon du parc.
Pour l'Étang du cœur, l'artiste Werner Moron a imaginé l'impact que laisserait un cœur géant en s'écrasant sur la Terre, à la manière d'un météorite. Progressivement, le cratère laissé par ce cœur fictif sera enseveli d'eau et accueillera la faune et la flore d'un étang.
Mettre en scène le processus de putréfaction d'un compost, c'est l'idée de Michel Davo. L'interactivité avec les promeneurs a une importance considérable puisqu'ils peuvent jeter leurs détritus biodégradables dans ce Tableau composteur. Une fois rempli, il est possible d'ouvrir une trappe en dessous du tableau et de récolter, trois mois plus tard, l'humus produit.
Mehmet Ali Uysal joue ici avec les échelles et les proportions et nous donne à penser que la Terre est entourée par une peau similaire à la nôtre et que nous marchons dessus.
La réputation de Bob Verschueren n'est plus à faire. Cette œuvre, le trio inaccessible, octroie un second souffle à trois peupliers qui menaçaient de s'effondrer. Ils ont été coupés à différentes hauteurs et creusés de l'intérieur. De jeunes platanes y ont été plantés. D'ici quelques mois, les anciens troncs seront coupés pour laisser la place aux jeunes. Le phœnix qui renaît de ses cendres ?
Squat, une autre œuvre de Bob Verschueren, est un véritable immeuble à appartements pour étourneaux. L'arbre était condamné et retrouve une nouvelle fonction en proposant ces 24 « appartements » en forme d'armoire. Il n'y a plus qu'à attendre les nouveaux locataires. Le loyer très attractif les séduira-t-il ?
Le Parcours ascensionnel de Christian La Grange propose une promenade en spirale autour d'un arbre, au plus près de l'écorce. Des petits trous percés dans la palissade permettent d'observer l'ensemble du parc sous un angle nouveau.
Qu'adviendra-t-il des millions de barils contenant les énergies fossiles comme le pétrole ? Maro Avrabou et Dimitri Xenakis leur trouvent une nouvelle fonction en y abritant des plantes aquatiques, aromatiques, vivaces et des arbustes. Leur disposition reproduit le logo de la double flèche du recyclage. Aujourd'hui recouverte de verres bleus érodés, cette double flèche invite le visiteur à s'y promener.
Publications
L'ouvrage Métamorphoses d'un parc. De Hauster à Chaudfontaine retrace deux histoires en parallèle. Largement documenté et illustré (on y retrouve des textes de la psychologue et philosophe Vinciane Despret, de l'architecte et paysagiste Franco Zagari ou encore de Rita Occhiuto, architecte et paysagiste à l'origine de la transformation du parc de Hauster), il permet de retracer l'histoire du parc, et comment à travers les siècles il a été aménagé par l'homme dans son cadre naturel. Il propose également le making of de l'exposition, gargantuesque et passionnant travail en amont du festival, propulsé dans l'ombre des œuvres achevées et exposées.
Les vanités du Ginkgo, troisième livre édité dans la collection, est une monographie consacré à Christine Mawet, plasticienne, photographe, dessinatrice et designer en textile. Il retrace les différentes manières dont ont été traitées les feuilles tombées d'un arbre, le Gingko, qui, suite à leur chute, ont pris une couleur dorée. L'artiste belge a brodé des motifs dessus avant de les photographier et de les exposer sur la façade de la clinique des Thermes. Elle propose également des photos horizontales dans un clair-obscur à la lumière extrêmement contrastée, recueil de photos qu'elle surnomme "Territoires". Appellation justement trouvée puisque ces feuilles offrent sous cet angle l'illusion d'un paysage montagneux, presque lunaire. A noter que les feuilles ont été exposées dans des cubes en plexiglas au pied du Gingko, le long d'un des chemins du parc de Hauster. « Ce qui est intéressant, confie Christine Mawet, c'est que ces feuilles vont évoluer. Je ne sais pas si elles vont pourrir, se dessécher d'avantage ou changer de couleur, seul l'avenir nous le dira. »
Philippe Lecrenier
Octobre 2010
Philippe Lecrenier est journaliste indépendant et collaborateur du site Reflexions.

