L'avenir toujours hypothétique d'un quartier
Un an après son inauguration, la gare dessinée par le nouveau docteur honoris causa de l'ULg Santiago Calatrava, s'ouvre toujours sur un quartier défiguré par des années de travaux et qui fait bien pâle figure devant le « monument » de béton blanc et de verre. Entre les difficultés administratives et les inimitiés personnelles (notamment entre la Ville de Liège et la SNCB), le nouveau quartier tarde à sortir de terre. Et le spectre du « syndrome place Saint-Lambert » craint par beaucoup ici-même lors de l'inauguration de la gare n'a pas disparu.

De longue date, le dessin général du futur quartier des Guillemins est connu : il est coulé dans un Périmètre de Remembrement Urbain (PRU) adopté par la Région wallonne en 2008. Et au sein de celui-là, de nombreux projets d'infrastructures disposent du financement adéquat, notamment via les fonds européens Feder (dont la clé de répartition est systématiquement 60% Europe, 30% Région, 10% Ville). Fonds qui, attention, doivent être dépensés avant 2014 ou ils s'évanouiront. Et le risque existe. Faisons le point, dossier par dossier.

plan

La place

C'est, en théorie, le projet le plus avancé. L'architecte Daniel Dethier a imaginé une place triangulaire et aérée qui doit s'installer au sortir de la gare. Le projet a perdu trois ans à cause du retard du chantier de la gare mais, permis obtenu, financement européen assuré (8 millions d'euros), les travaux devaient (enfin) débuter au mois de septembre. Mais voilà : la SNCB-Holding, propriétaire d'une partie des terrains sur lesquels doit s'installer la place ne l'entend plus de cette oreille. Elle affirme vouloir conserver les actuelles pelouses qui « plaisent aux Liégeois ». C'est la version officielle. Mais il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu'il ne s'agit que d'un prétexte : la SNCB-Holding, qui a investi beaucoup d'argent dans la gare (près de 600 millions d'euros) entend valoriser au mieux ses autres terrains de la zone (et notamment ceux situés à la place de l'ancienne gare, rue du plan incliné). Et elle met la pression sur une Ville de Liège avec qui elle ne parvient pas à s'entendre. La Ville pourrait faire... exproprier la SNCB, pour utilité publique (rappelons que c'est en ayant elle-même exproprié pour les mêmes raisons que la SNCB-Holding se retrouve propriétaire !). Mais à l'heure actuelle, on tente toujours de privilégier le dialogue. Voir les pressions : le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne a récemment indiqué par courrier à la SNCB-Holding que ses pelouses étaient « illégales ». En attendant, les travaux n'ont toujours pas commencé.

projet Projet initial, aujourd'hui quelque peu remanié, notamment en ce qui concerne les quais (voir ci-dessous) © Miysis studio 3D.
 

 

 

 



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