L'esplanade
Au-delà de cette place, lorsqu'on aura rasé l'actuel bâtiment des Finances de la rue Paradis, s'étendra une esplanade elle-même en forme de triangle inversé, donnant à l'ensemble (place plus esplanade) la forme d'un sablier. Autour de cette esplanade et de la place, une promotion immobilière doit intervenir, à plus long terme que la place, mais dans les limites assez précisément fixées par le PRU. On construira entre 400 et 500 logements, le long de l'esplanade et en intérieur d'îlot, mais aussi 55.000 m2 de bureaux, 2.500 m2 d'Horeca et 10.000 m2 d'équipements hôteliers .
Pour mener au mieux cette promotion immobilière, qui sera principalement privée, les différents propriétaires de terrains, Ville, Région, Fedimmo (immobilière fédérale qui possède le bâtiment des Finances) se sont réunis dans la « Société de Développement de Liège Guillemins » (SDLG). Problème : il y manque toujours la SNCB-Holding, gros propriétaire. Si la Ville, la Région et la SNCB ne parviennent pas à s'entendre dans le dossier de la place précité, on doute que la SDLG fonctionne pour le reste de l'esplanade !

Les quais
Cette esplanade doit s'ouvrir largement sur la Meuse, ici aussi « rendue aux Liégeois ». Initialement, il était envisagé d'enterrer les voies rapides qui circulent actuellement le long des quais en bout d'esplanade. Mais ce projet a été récemment remanié. Le bureau d'études liégeois Greisch et l'urbaniste-paysagiste français Michel Corajoud, mandatés par le maître d'ouvrage qu'est la Région wallonne, ont imaginé un « boulevard urbain » avec une circulation restant en surface mais fortement ralentie, laissant une grande place à la circulation piétonne et à des espaces verts. Ce projet sera soumis à enquête publique à partir du 6 octobre 2010 et bénéficie de près de 12,5 millions d'euros de financement Feder. Ici, la « dead-line » de 2014 devrait pouvoir être respectée.
La passerelle
Par-delà ce « boulevard urbain », une passerelle cyclo-piétonne de 130 mètres de long traversera la Meuse pour rejoindre le Parc de la Boverie. Le financement (8,6 millions d'euros) est, de nouveau, assuré par le Feder. L'appel d'offres a été lancé au mois de juin et un auteur de projet devrait bientôt être désigné par la Région wallonne.
La tour des Finances
La destruction de l'actuel bâtiment des Finances impose à la Régie des Bâtiments fédérale la reconstruction d'un nouveau bâtiment. C'est la société immobilière Befimmo (filiale de Fedimmo, immobilière publique) qui a été chargée du dossier. Elle a imaginé une immense tour de près de 40 étages, geste architectural fort tout au bout de l'esplanade. Mais l'enquête publique sur ce projet, qui a eu lieu l'an dernier, a identifié une très forte opposition du quartier. Et la Région wallonne vient de demander au promoteur de substantielles modifications (de la façade arrière, visible depuis la gare, de l'orientation du sommet de la tour, etc.). À Liège, beaucoup estiment ce projet maladroit.
Le plan incliné
Pour ce bâtiment des Finances, la SNCB-Hoding avait déposé en son temps un projet alternatif, sur les terrains qu'elle possède rue du Plan Incliné (grosso modo à la place de l'ancienne gare). Ficelé à la va-vite, ce projet n'avait pu être retenu. Mais devant l'opposition au projet de tour et suite aux disputes entre la Ville et la SNCB au sujet de la place triangulaire, des voix se sont élevées pour qu'on remette ce projet sur le feu : plus de tour gigantesque, les Finances rue du plan Incliné. La SNCB-Holding valoriserait ainsi ses terrains et pourrait lâcher du lest ailleurs. Mais il ne s'agit toujours que d'une hypothèse de travail. Si les Finances ne vont pas là, la SNCB-Holding entend y développer des bureaux dans un bâtiment à l'architecture « capable de répondre à celle de la gare » toute proche.
Le tram
Actuellement, l'option retenue pour le passage du futur tram devant la gare est celle d'un passage sur l'esplanade (actuelle rue Paradis) pour passer sous la « casquette » de la gare puis repartir par la rue Varin. Mais des voix se sont élevées pour réclamer que le tram arrive plutôt par la rue des Guillemins, dont le risque de déshérence est grand. Le ministre wallon Philippe Henry (Aménagement du Territoire, Écolo) vient de lancer une grande consultation populaire sur le projet de tram, qui doit permettre d'y voir plus clair. De toute façon, le tram n'est pas espéré avant 2017.
Pierre Morel
Septembre 2010
Pierre Morel est journaliste indépendant
Les documents iconographiques ci-dessus nous ont été fournis par l'Échevinat de Michel Firket, en charge de l'Urbanisme, de l'Environnement, du Tourisme et du Développement durable de la Ville de Liège.
L'image d'infographie (version Mai 2010) va évoluer au fur et à mesure de l'évolution des projets et de leur concrétisation au travers des permis d'urbanisme à obtenir. A l'exception de lTour des Finances pour laquelle la demande de permis est introduite, les immeubles à construire sont représentés en termes de masse et gabarit. Ils ne sont pas architecturés. L'esplanade, son aboutissement en bord de Meuse et la passerelle sont aussi esquissés très simplement.

