5e Festival Pays de Danses. Expressions multiples du langage du corps

PDDDéfinir le concept de « danse » est devenu impossible tant les styles et les formes sont multiples.  Le langage du corps connaît tant d’expressions différentes qu’il convient, particulièrement aujourd’hui,  de tenter d’oublier l’idée que nous nous faisons a priori de la danse pour nous ouvrir à la découverte d’autres esthétiques. C’est ce que propose la 5e édition du festival Pays de Danses du Théâtre de Liège en collaboration avec les Centres culturels, du 24 janvier au 14 février, qui nous emmènera – notamment– dans des chemins peu fréquentés.

Hors champ @ Sergine Laloux

Parmi les œuvres les plus attendues, on citera sans hésitation Hors-champ, de Michèle Noiret. Une danse-cinéma pour 5 danseurs et un caméraman. Dans une ambiance de mystère et de drame, les personnages passent de la scène à l’écran, puis de nouveau au plateau, créant une réalité « hallucinatoire », qui bouleverse les perceptions.

Hors-champ © Sergine Laloux

Anna Teresa de Keersmaker déploie dans Vortex temporum une « danse des tempos » et explore les dilatations du temps et ses tourbillons, avec sa Cie Rosas. C’est un ancien collaborateur de cette compagnie, Salva Sanchis, qui signe la  chorégraphie de The Organ Project,  pour quatre danseurs sur des musiques de Bach, Berio et Dusapin interprétées à l’orgue par Bernard Foccroulle.

21. L'Etranger © Alwin PoianaEmio Greco (qui avait présenté un superbe One and two en 2012) propose cette fois une chorégraphie inspirée de L’Étranger de Camus. Seul, entouré d’une multitude de lumières symbolisant la foule, de voix qui répètent en boucle la première phrase du récit, et d’images de corps, Emio Greco lutte pour sa liberté.

L'étranger © Alwin Poiana

13. Don Quichotte © Patrick bergerC’est de Cervantès que s’inspire José Montalvo pour son Don Quichotte du Trocadéro (récemment primé à Naples), où s’entremêlent hip hop, danse classique et contemporaine, humour burlesque, théâtre, vidéo... Avec ses 13 danseurs, Montalvo veut, dit-il, « rendre un hommage à la danse, pour la danse, que je considère comme un antidépresseur de pointe ».  Sa compatriote, Pastora Gálvan, danseuse de flamenco impressionnante, manifeste son identité propore par son spectacle intitulé tout simplement Pastora, entre tradition et avant-gardisme. 

S’il touche aussi à la street dance comme Montalvo, c’est dans un tout autre style que Victor Hugo Pontes présente A ballet story. Sept danseurs, sur une sorte de tapis volant figé, évoluent avec fougue, mouvements convulsifs ou sensuels et poétiques, ou s’agglutinent sur la musique de ballet classique de David Chesky, dans des figures qui évoquent les personnages des ballets, mais avec un langage chorégraphique bien différent.

 

17. A Ballet Story ® Susana Neves 16. Rayahzone ® Dan Aucante 23. Weltanschaaung © Katrien Baeten
De g à d : A ballet story © Susana Neves - Rayahzone © Dan Aucante - Weltanschauung © katrien Baeten

Dans un quartier populaire tunisien, la Folie, la Mort et la Raison invitent au voyage dans Rayahzone des frères Ali et Hèdi Thabet, dans un trio tendre et heureux, entre danse et art du cirque, porté par 5 chanteurs soufi. La Mort est interprétée par un danseur circassien unijambiste assez incroyable, armé de ses béquilles et portant un crâne de chameau.

07. Nancy.interview © Magda Hueckel En prélude au 20e anniversaire de sa compagnie, qu’il fêtera en 2015, Claudio Bernardo propose le solo Só20 en hommage à tous ceux qui l’ont accompagné ou apprécié, avec images d’archives et souvenirs.  Autres productions de la Fédération Wallonie Bruxelles, les cinq danseurs de Lamali Lokta de Karine Ponties invitent à l’émerveillement de l’enfance, entre rêve et monde réel. C’est au rêve aussi que nous convie le duo [Weltanschauung] [vision personnelle du monde] de Claude Thirion, dans un univers déjanté. Affublés d’après-ski en fourrure, les deux danseurs « veulent changer le monde ». 

Claude Bardouil s’attaque à d’autres zones noires de notre monde, en revisitant par le théâtre-danse la relation passionnée et violente de Sed Vicious et sa petite amie. Nancy.Interview nous emmène dans l’univers de la drogue, des excès et de la déchéance.  C’est aussi pour critiquer notre société que Maria Clara Villa Lobos massacre allègrement le Sacre du Printemps à coup de poulets et de machines industrielles dans Mas sacre

Nancy.Interview © Magda Hueckel



Page : 1 2 next