En septembre 2012, notre Opéra signait le début d’une saison prometteuse en regagnant ses quartiers rouge et or, alors fraîchement rénovés ; avec un public nombreux et enthousiaste, de Stradella à Guillaume Tell, le succès fut au rendez-vous. Et le directeur Stefano Mazzonis di Pralafera espère bien réitérer cette réussite pour la cuvée 2013-2014. Après «La maison des rêves», l’Opéra Royal de Wallonie a choisi cette année «l’amour et la haine» comme fil rouge : une occasion de revisiter quelques œuvres phares de l’histoire lyrique, tout en prolongeant la mise à l’honneur de Richard Wagner, André-Modeste Grétry et Giuseppe Verdi.
Le coup d’envoi de cette nouvelle saison est donné le 25 août par le Gala Wagner. L’orchestre, dirigé par Paolo Arrivabeni et accompagné de la soprano allemande Manuela Uhl (dont la dernière apparition sur la scène liégeoise était le Der Fliegende Holländer), interprétera plusieurs extraits de quelques œuvres incontournables du compositeur — entre autres, Les Maîtres chanteurs de Nuremberg, Siegfried, ou encore Tristan et Isolde.

À gauche : Maquette pour Attila - À droite : Die Entführung aus dem Serail

Mais la valse des opéras débute réellement avec l’Attila de Giuseppe Verdi. Le compositeur italien, déjà à l’affiche de la saison précédente avec I due Foscari et La Forza del destino, est à nouveau sous le feu des projecteurs ; cette œuvre de jeunesse, moins célèbre que Rigoletto ou La Traviata, est l’occasion de découvrir pour la première fois à Liège le maestro Renato Palumbo et Ruggero Raimondi en metteur en scène
Lui succède un opéra de Mozart dont la renommée n’est plus à faire : Die Entführung aus dem Serail. Écrit pour amuser la cour de l’empereur d’Autriche, ce singspiel relate les péripéties de Belmonte (incarné par Wesley Rogers) pour arracher sa douce Konstanze (Maria Grazia Schiavo) aux griffes du pacha Bassa Selim. Co-production avec les opéras de Nantes, Montpellier et Angers, L’enlèvement au sérail est dirigé par le français Christophe Rousset.
Ouverture de l'Enlèvement au sérail :Avec l’amour et la haine comme leitmotiv, le programme de l’ORW ne pouvait passer à côté de l’illustre Roméo et Juliette. Nouvelle co-production (avec Marseille et Lausanne, cette fois), l’adaptation lyrique de la pièce shakespearienne par Charles Gounod est l’occasion de retrouver sur scène Annick Massis — saluée pour son interprétation de Violetta dans La Traviata en 2012 —, qui donne la réplique au ténor vénézuélien Aquiles Machado.
Ouverture de Roméo et Juliette :

À gauche : Roméo et Juliette - À droite : Fidelio
L’année 2013 se termine sur une note plus légère, avec l’opéra-bouffe La Grande-Duchesse de Gérolstein d’Offenbach. Au texte initial qui ironisait sur la guerre menaçant la France se substitue une adaptation contemporaine : la Grande-Duchesse, dont le château est transformé en hôtellerie, décide de participer à un célèbre concours culinaire à la télévision. L’opérette est dirigée par le liégeois Cyril Englebert, ovationné l’an dernier pour La Belle Hélène.
Extrait :Le mois de janvier signe le retour de Paolo Arrivabeni, dans le Fidelio de Beethoven. La soprano Deborah Voigt, que le public avait déjà pu découvrir dans La Fanciulla del West, incarne Fidelio, jeune femme déguisée qui tente de délivrer son amant Florestan (Zoran Todorovich) de la prison où il est injustement incarcéré. Unique opéra du compositeur allemand, Fidelio n’avait plus été joué à Liège depuis 1996.
En mars, le programme renoue avec une autre valeur sûre de l’opéra italien : Aïda de Verdi. Toujours sous la direction d’Arrivabeni, l’amour impossible entre le général égyptien Radamès et l’esclave nubienne Aïda s’épanouira lors d’une dizaine de représentations — cadence qui justifie d’ailleurs une double distribution pour cet opéra.
La Maria Stuarda de Donizetti revient également à l’affiche. Mais contrairement à l’interprétation de 2008, cette édition voit Martine Reyners, jeune chanteuse belge, interpréter le rôle éponyme. L’oeuvre, censurée avant même sa première représentation en 1834, narre l’affrontement (tant politique qu’amoureux) entre la reine d’Ecosse et sa cousine, la reine d’Angleterre.
Extrait :Le volet «opéra» se clôture sur la Gazzetta de Rossini... Avec une particularité. Si cette œuvre a été maintes fois interprétée, elle était cependant incomplète ; grâce aux recherches du musicologue américain Philipp Gossett, la partition manquante de l’acte 1 a pu être retrouvée dans une bibliothèque de Palerme, rendant ainsi à cet opéra-bouffe sa forme d’origine. Présenté en première mondiale sur la scène liégeoise, il jouit de la même équipe que celle de L’Equivoco Stravagante (2012).
Extrait de l'ouverture de la Gazetta :
Enfin, l’Opéra de Liège n’oublie pas son jeune public : des versions allégées et participatives de L’enlèvement au sérail et de Zémire et Azor sont planifiées, pour les enfants à partir de 6 à 7 ans.
Ci-contre : Maria StuardaComme chaque année, le programme de l’Opéra Royal de Wallonie ne se cantonne pas aux œuvres lyriques : il nous livre également quelques concerts, dont le récital avec orchestre de la mezzo-soprano lettone Elīna Garanča, en mai. Outre les concerts d’été — qui se focalisent cette année sur Beethoven, Mozart, Donizetti et Verdi —, deux événements particuliers viennent agrémenter le calendrier : le Stabat Mater de Vivaldi, dirigé par Rinaldo Alessandrini et interprété par la contralto Sara Mingardo, ainsi que le Gala wallon. Ce dernier accueille Grétry, un opéra comique signé par la liégeoise Berthe di Vito-Delvaux. Rythmée par l’ardent dialecte local, l’œuvre (présentée dans le cadre de la commémoration le bicentenaire de la mort d’André-Modeste Grétry), est dirigée par Cyril Englebert. La Caravane du Caire, du compositeur liégeois, ainsi qu’une session des lauréats du concours Reine Elisabeth viennent compléter la programmation des concerts.
Dans sa volonté de faire de l’Opéra de Liège l’expression internationale de la Cité Ardente, Stefano Mazzonis di Pralafera confirme la poursuite du partenariat avec la RTBF pour la retransmission de certaines représentations — sans compter leur mise en ligne sur internet. Si les prix à la billetterie affichent une légère augmentation par rapport aux années précédentes, ils restent néanmoins attractifs, particulièrement pour les jeunes adultes. Gageons que, entre le velours feutré de la salle et le faste bouleversant de la scène, cette saison 2013-2014 fera une fois encore rêver le public...
Julie Delbouille
Juin 2013
Julie Delbouille est étudiante en 2e master de médiation culturelle.
Toutes photos et extraits musicaux © Opéra Royal de Wallonie
Informations et réservations :
Du lundi au samedi de 10h30 à 18h
Ouverture deux heures avant chaque représentation, jusqu’à la fin du premier entracte
Fermé les dimanches et jours fériés sans spectacle, ainsi que du 1er juillet au 12 août
Place de l’Opéra, 4000 Liège
04 221 47 22
info@operaliege.be
Retrouvez la programmation sur le site internet de l’Opéra Royal de Wallonie

