Les films de Pâques 2013

Pour la première semaine

place

1/ The place beyond the pines de Derek Cianfrance

Cascadeur à moto, Luke est réputé pour son spectaculaire numéro du « globe de la mort ». Quand son spectacle itinérant revient à Schenectady, dans l’État de New York, il découvre que Romina, avec qui il avait eu une aventure, vient de donner naissance à son fils… Pour subvenir aux besoins de ceux qui sont désormais sa famille, Luke quitte le spectacle et commet une série de braquages… Encore inconnus (ou du moins méconnus) du grand public il y a à peine 3 ans, voilà que Ryan Gosling et Derek Cianfrance se retrouvent, après l’excellent Blue Valentine, pour un thriller tendu aussi cérébral que brut de décoffrage. C’est peu dire que ce film est attendu comme un Drive bis, mais ce serait sous-estimer Cianfrance que de croire qu’il ne saura pas insuffler sa personnalité à ce film policier plus sombre et torturé qu’il n’y parait. Peut-être la future surprise de l’année, tout simplement.

Hormis Ame & Yuki, ces films sont réservés à un public averti.

fils

2/ Au nom du fils de Vincent Lannoo

Élisabeth a tout pour être heureuse : une famille aimante, portrait craché d'une famille modèle, un rôle actif et apprécié au sein de sa communauté, et surtout, une foi inébranlable. Alors que la Paroisse doit se serrer la ceinture pour subvenir à ses frais de fonctionnement, Élisabeth accueille au sein de son foyer le père Achille... Vincent Lannoo est un peu le trouble-fête du cinéma belge : là où les médias osent à peine s’aventurer (la pédophilie), lui s’y rend avec la rage aux dents et propose un film sans concessions, forcément appelé à faire polémique. Brutal (c’est un film de vengeance) mais non dénué d’humour, le film s’inscrit dans la veine des précédentes œuvres du cinéaste (Ordinary Man, Strass, Little Glory) et ne laissera personne indifférent. Qui osera se frotter à ce poil à gratter ?

yuki

3/ Ame & Yuki de Mamoru Hosoda

Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki, vivent discrètement dans un coin tranquille de la ville. Leur vie est simple et joyeuse, mais ils cachent un secret : leur père est un homme-loup. Quand celui-ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants à l'abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d'une forêt luxuriante… Après La traversée du temps et Summer Wars, Mamoru Hosada s’impose à nouveau comme l’un des grands réalisateurs d’animation japonais de sa génération. Comme chez Miyazaki, avec qui Hosada partage ce goût de l’esthétique réaliste, Ame & Yuki prend un point de départ fantastique pour aborder la question des préjugés de la société et le manque de communication entre les êtres. Avec Pinocchio, l’autre grand film d’animation de cette quinzaine.

 

Pour la deuxième semaine

Drôles de vacances, puisque là aussi les films sont réservés à un public adulte…

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1/ Blancanieves de Pablo Berger

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de "Blancanieves"… Last but not least, Blancanieves est LE film incontournable de cette dernière semaine ! Imaginez un peu : une réactualisation de Blanche-Neige dans une Espagne tourmentée par la dictature de Primo de Rivera, un film en noir et blanc muet (syndrome The Artist ?) pour un « conte gothique version flamenco », voilà qui a de quoi intriguer et présager une expérience unique ! Mélange improbable entre un Pedro Almodovar et un Guy Maddin, Blancanieves est le film le plus atypique qui a été donné à voir depuis… Tabou, de Miguel Gomes. Preuve que le cinéma du sud n’est pas à sous-estimer. Caramba !

sideeffects

2/ Effets secondaires de Steven Soderbergh

Jon Banks est un psychiatre ambitieux. Quand une jeune femme, Émilie, le consulte pour dépression, il lui prescrit un nouveau médicament. Lorsque la police trouve Émilie couverte de sang, un couteau à la main, le cadavre de son mari à ses pieds, sans aucun souvenir de ce qui s’est passé, la réputation du docteur Banks est compromise… L’autre cru annuel de la semaine est donc Steven Soderbergh, l’homme qui tournait plus vite que son ombre (alors qu’il annonce sa retraite chaque année). Après Contagion, voilà Soderbergh de retour dans le genre du thriller paranoïaque, qu’il affectionne particulièrement depuis quelques années. Et comme d’habitude avec Soderbergh, on ignore si on doit s’attendre au meilleur ou au pire. Et comme d’habitude, on ira vérifier par nous-mêmes en salle, d’autant qu’une fois encore le réalisateur a su s’entourer d’un casting alléchant pour attirer le spectateur !

oblivion 3/ Oblivion de Joseph Kosinski

En 2073, après des décennies de guerre contre la terrible menace des Scavs, les humains ont quitté la Terre. Jack Harper vit dans une station au dessus des nuages et a pour mission de réparer et d'entretenir les drones présents à la surface de la Terre afin qu'ils extraient des ressources vitales aux humains expatriés. Un jour, témoin d'un crash, il voit sa vie bouleversée… Le cru 2013 de Tom Cruise, qui semble revenu à son genre de prédilection après Mission Impossible 4 et Jack Reacher. Pour rappel, Joseph Kosinski est le réalisateur de Tron : l’héritage, qui avait déçu les fans mais peut-être moins pour sa réalisation que son scénario bancal. Oblivion n’est pas à sous-estimer donc et, dans tous les cas, s’annonce comme le blockbuster du moment qui videra quelques cerveaux appelés à ingurgiter des centaines de pages dans les semaines à venir.

Bastien Martin
Mars 2013

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Bastien Martin est chercheur en Arts et Sciences de la Communication. Ses recherches doctorales portent sur le cinéma d'animation belge.

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