En ce début d’année 2013, le TURLg organise la trentième édition de sa Rencontre internationale de théâtre universitaire. Du 25 février au 3 mars, les scènes de l’ULg et des Chiroux accueilleront quatorze spectacles, interprétés par des artistes européens, africains et américains. Véritable laboratoire des pratiques théâtrales, le RITU se veut aussi un lieu d’échange et de découverte.
The Moving Art Collective de Los Angeles, avec Cloud 9 de Caryl Churchill
Avec en moyenne trois spectacles par jour, ce RITU 30 promet d’être intense. Le programme renoue avec quelques habitués des précédentes éditions : le bal est ouvert par les comédiens de l’université d’État du Bélarus et leur interprétation de The Wheels, d’Uladzimir Boska. La troupe espagnole de Saint-Jacques de Compostelle revient également avec une oeuvre de Rodrigo García (Agamenón. Volví del supermercado y le dí una paliza a mi hoji). La fructueuse collaboration du TURLg avec le théâtre universitaire de Tartu en Estonie se poursuit (avec la présentation de Successful Life de Pavel Prjazko) tandis que les Hongrois de Pécs misent sur un texte classique en jouant Iphigénie à Aulis d’Euripide. Mais le public découvrira aussi de nouvelles troupes, comme l’Espaces Théâtre Management de Tanger du Maroc, qui interprète L’expérience d’Ahmad Ezzat Eloolfy, ou encore The Moving Art Collective de Los Angeles, qui joue Cloud 9 de Caryl Churchill. La troupe de l’université d’Angers, qui a déjà accueilli à plusieurs reprises les spectacles liégeois, s’invite avec Somewhere de Tenessee Williams. Loin de rester en coulisses, le TURLg lui-même monte sur scène avec deux pièces : Don Juan revient de guerre d’Ödön von Horvath et La Farce du Cuvier, d’un anonyme du 15e siècle. Avec son programme chargé, ce RITU est dit « gras », par opposition avec (un an sur deux) une édition « maigre » qui comprend moins de représentations.
Certains partenariats se déroulent dans un cadre particulier. Ainsi, le TURLg a dirigé la saison dernière un projet pilote rassemblant différentes universités de la Grande Région : Metz, Nancy, et Saarbrücken. La troupe de ce dernier établissement, l’université de la Sarre, est présente à l’affiche de ce RITU, avec Woyzeck de Georg Büchner. Quant à la collaboration avec le Panama Théâtre de l’université de Marseille (Gloria, de Jean-Marie Piemme), elle s’est nouée dans le cadre de l’opération « Liège, vitrine des capitales de la culture ». Le programme promet encore d’autres spectacles, en provenance de Serbie (La Leçon, d’Eugène Ionesco), de France (Incendies, de Wadji Mouawad) ou encore du Brésil (Clown Bar, de José Tonezzi).
Loin d’un quelconque esprit de compétition, la composition du programme se veut équilibrée et diversifiée ; la sélection des participants, réalisée par le TURLg, favorise autant les partenaires de longue date que les découvertes récentes. Si les impératifs budgétaires et organisationnels limitent le nombre de représentations possibles, chacun est libre d’y venir comme observateur. Alain Chevalier, co-directeur du TURLg, souligne également le rôle de plus en plus important des réseaux sociaux comme vecteurs de contact ; c’est par ce biais qu’ils ont pu inviter cette année la troupe de l’université de Bamako – même si, au vu de la situation actuelle au Mali, leur venue semble malheureusement compromise.
Une organisation qui a fait ses preuves
Le NEECO (Brésil), avec Clown Bar de José Tonezzi
Cette diversité culturelle a toujours été un des mots d’ordre du RITU. En effet, si ce festival existe depuis 1983, sa tradition de voyage et d’échange puisent ses sources dans le Théâtre des Germanistes Liégeois1, au cours des années 70 : ces étudiants et comédiens, qui jouaient dans la langue de Goethe, partaient à la rencontre du public germanophone en Allemagne, dans les Cantons rédimés, ou encore en Flandre. Au fil des ans, ces tournées sont devenues régulières – contrastant avec la mobilité moindre du reste du théâtre universitaire liégeois – et le Théâtre des Germanistes a rendu les invitations en accueillant des spectacles extérieurs. Dans un premier temps, ces troupes étrangères ne viennent fouler que ponctuellement les planches du TURLg, mais l’idée de rassembler ces prestations en un seul événement germe rapidement : le RITU est né.
Au vu du succès de cette formule et du nombre croissant de participants, le TURLg a décidé d’en étoffer le programme. En marge des spectacles viennent (parfois spontanément) se greffer des ateliers, animés par les responsables des troupes invitées : ils sont l’occasion de partager leur propre expérience du théâtre universitaire et leurs techniques de jeu. Cette année encore, les journées du RITU seront rythmées par plusieurs ateliers, dont un sur le jeu physique pratiqué par le théâtre de Los Angeles. Mais ces activités ne se cantonnent pas exclusivement au cadre de cette rencontre : lors des dernières éditions, une collaboration s’était également nouée avec des étudiants en humanité artistiques, et pourrait être réitérée à l’avenir.
1 De nombreuses pièces ont été jouées dans le cadre de cette section depuis les années 1930, mais la constitution et la formalisation de la troupe et de l’association datent de la fin des années 1960 et du début des années 1970, sous la houlette de Robert Germay.

