Sorties cinéma Noël 2012

Si les vacances de Noël riment souvent avec premières neiges, cadeaux sous le sapin et « trêve des confiseurs », qui tiendra éloignés, pour un temps, les footballeurs des terrains engorgés, elles présentent aussi, pour certains, de nombreuses opportunités cinématographiques, à l’abri du grand froid balayant les paysages gris et englués. Salles obscures et toile blanche s’apprêtent à accueillir en un élan films lumineux et sombres superproductions de circonstance, entre lesquelles devra slalomer habilement l’amateur trop aguerri aux rediffusions éternelles de La grande vadrouille dans la lucarne de l’infini. Hors-piste ou morne descente, un repérage s’impose.

Divertissement tout public

Les vacances scolaires rimant souvent avec sorties groupées de productions à l’attention des plus jeunes, certains passages obligés s’imposent, tant à l’industrie cinématographique qu’aux parents et accompagnants, prêts à revoir, pour l’occasion, leurs critères habituels de sélection, non sans quelque plaisir. Si le goût du retour en enfance est parfois savoureux, les qualités intrinsèques du siège qui accueillera cette expérience peuvent se révéler aussi essentielles que celle d’un tire-fesse augurant d’une longue descente. Cette cuvée de Noël 2012 ne semble pas déroger à la règle, offrant sa panoplie de plaisirs adolescents et ses inévitables films d’animation de saison.

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Hotel Transylvania (2D/3D), par Genndy Tartakovsky

Ça raconte quoi ? Dracula, propriétaire de l'Hôtel Transylvanie, centre de villégiature cinq étoiles pour monstres, invite certains des monstres les plus célèbres pour fêter le 118e anniversaire de sa fille Mavis. De façon inattendue, Jonathan, un jeune voyageur ordinaire, arrive également à l'hôtel.

Les bonnes (et moins bonnes) raisons pour y aller ?  Rien de bien neuf à l’horizon, à première vue. Cela joue avec les mêmes clichés éculés et contes recyclés en surfant sur la vague du remix décalé déjà bien exploitée par l’animation, Pixar en tête. Mais comment contredire l’adage qui veut que c'est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes ? Sony, via sa major Columbia Pictures, tente de rattraper, en abattant ses meilleures cartes (un zeste de 3D et quelques ficelles tirées par un spécialiste de l’animation, principalement télévisée), son retard sur les ténors du genre, en posant les mêmes questions, de l’altérité et de l’humain plus monstrueux que les monstres de galerie. Car c’est un défilé qui semble ici offert au public dans un double discours qui voudrait parler tant à l’adulte qu’à l’enfant (l’un sommeillant parfois en l’autre).

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Les mondes de Ralph (2D/3D), par Rich Moore

Ça raconte quoi ? Dans une salle d’arcade, Ralph la casse est le héros mal aimé d’un jeu des années 80. Son rôle est simple : il casse tout ! Pourtant il ne rêve que d’une chose, être aimé de tous… Vanellope Van Schweetz, quant à elle, évolue dans un jeu de course, fabriqué uniquement de sucreries. Son gros défaut : être une erreur de programme, ce qui lui vaut d’être interdite de course et rejetée de tous… Ces deux personnages n’auraient jamais dû se croiser… et pourtant, Ralph va bousculer les règles et voyager à travers les différents mondes de la salle d’arcade pour atteindre son but : prouver à tous qu’il peut devenir un héros… Ensemble, arriveront-ils à atteindre leurs rêves ?

Les bonnes (et moins bonnes) raisons pour y aller ?  Quand Disney s’empare du monde des jeux vidéo, on est forcément un peu curieux. Surtout lorsque les tentatives précédentes ont échoué. Avec John Lasseter – producteur historique de Pixar – pour chapeauter le tout, Les mondes de Ralph s’annonce comme l’autre grand concurrent dans le créneau saisonnier de l’animation tout public. La recette semble à peu près la même, au final : des univers qui parleront aux différentes tranches d’âge en présence, avec comme prétexte un voyage à travers les bornes d’arcade, un recyclage en douceur d’un autre type de contes rencontrés à l’enfance. On s’attend alors à un défilé de personnages et de décors démultiplié, en comparaison de ce que proposent habituellement les studios Disney. Personnage lassé et usé, bloqué dans une borne étriquée et vidée de son sens (la décence voulant que Disney ne le représente pas sous la forme qui aurait dû logiquement être la sienne, en 8-bits et pixellisée à un point tel que le spectateur contemporain aurait éprouvé des difficultés à s’y identifier) rencontrant son exact opposé, gravitant dans un monde enfantin, sucré et coloré, mais tout aussi exclu et rejeté. Le grand écart est à nouveau exécuté, profitant de la nature même du jeu vidéo et de sa successivité pour parler émotionnellement au spectateur présent dans la salle. Il lui offrira une progression narrative propre, jalonnée de références et l’amenant naturellement vers le niveau ultime, celui de l’accomplissement jadis rêvé ; la princesse sera-t-elle sauvée ?

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L’Odyssée de Pi (2D/3D), par Ang Lee

Ça raconte quoi ? Le film raconte l’histoire magique des aventures de Pi Patel, fils du directeur d'un parc zoologique. Ayant vécu à Pondichéry, la famille décide de déménager au Canada. Ils embarquent alors à bord d’un énorme cargo. À la suite de son naufrage, Pi se retrouve à la dérive dans l’océan Pacifique à bord d’un radeau de sauvetage accompagné d’un zèbre blessé, une hyène, un orang-outan et un tigre du Bengale appelé Richard Parker, lesquels essaieront de lutter pour leur survie.

Odyssée de Pi - campagne promo sur l'eauLes bonnes (et moins bonnes) raisons pour y aller ?  L’adaptation au cinéma du roman de Yann Martel voit enfin le jour et Ang Lee, réalisateur oscarisé, est à la barre, après plusieurs changements de route. Il a en effet d’abord été question de la confier à M. Night Shyamalan puis à Jean-Pierre Jeunet, dont on peut percevoir, dans tous les cas, les possibilités de rencontre entre une histoire et un univers particuliers. Le récit, rendant compte d’une certaine tendance du cinéma américain à s’intéresser à des histoires qui l’éloignent de son propre territoire, pourra également présenter des similitudes avec un personnage de bande dessinée, Corentin, cet orphelin ayant développé un sens personnel du dialogue avec des animaux sauvages devenus fidèles compagnons. L’occasion, dans tous les cas, de proposer une fable quasi-écologique. Le projet est attendu, pour avoir été loué pour ses qualités techniques, avant tout : les effets 3D qui accompagnent le film ont en effet été pensés dans ce sens, et révélés, pour certains, au cours de sa réalisation. Une initiative promotionnelle assez originale a d’ailleurs été mise en place, mettant en évidence le rôle spectaculaire des images et de leurs effets sur le spectateur. Certains privilégiés ont en effet pu assister à une avant-première aquatique sur des canoës, disposés dans un bassin traditionnel (voir la vidéo). Si le dispositif n’est pas très éloigné de celui proposé par le « cinéma 4D », il insiste, quoi qu’il arrive, sur sa propre nature. Reste à voir si le film parviendra à échapper aux pièges de l’effet pour l’effet, de l’image pensée pour ses seuls surgissements. Tout comme l’écueil de l’image trop travaillée, censée rendre compte de l’étendue sauvage et qui, pourtant, fleure bon le studio renfermé.

Les alternatives

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S’offrent au spectateur quelques alternatives à ces inévitables sorties, venant à la suite du sillon creusé par le tant attendu Bilbo le Hobbit, univers à l’origine plus enfantin que celui de la trilogie du Seigneur des Anneaux. Dans la veine des teen movies, deux propositions viennent se positionner stratégiquement en tête de peloton. So Undercover, d’abord, met en scène l’ancienne égérie Disney en voie d’émancipation, Miley Cyrus, jouant une détective infiltrée en milieu scolaire et censée apporter un regard décalé sur les manies adolescentes. Le monde de Charlie, ensuite, plus proche du feel good movie à coloration indépendante, met en scène une autre actrice en phase d’émancipation. Emma Watson, sortie d’une longue apparition aux côtés d’Harry Potter,  y partage l’affiche avec Logan Lerman, complètement révélé sous les traits de Percy Jackson.


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