L’été est là, le soleil risque d’être aux abonnés absents, pas envie de plancher sur la seconde sess tout de suite ? Pas de panique : Culture vous propose un petit panorama des sorties ciné et DVD du mois de juillet, et par thèmes qui plus est !
Juillet « ENFANT »
8/7 : Les Minions de Pierre Coffin
Afin de sauver leur espèce, trois Minions partent à la recherche de Scarlet Overkill, la première Superméchante de l’Histoire. Mais l’aventure ne sera pas de tout repos… Personnages cultes de la saga Moi, moche et méchant, les Minions ont enfin droit à leur propre film. Inutile de préciser que cette bande plus bête que méchante n’a pas fini de dérouiller les zygomatiques des petits et des grands dans leur Odyssée des temps modernes !

29/7 : Pixels de Chris Columbus
Des experts en jeux vidéo sont recrutés par l'armée pour combattre des personnages de jeux vidéo des années 1980 qui attaquent New York… Inspiré d’un court métrage célèbre de Patrick Jean, le film de Chris Columbus (Maman j’ai raté l’avion, Harry Potter 1 & 2) fait forcément un peu peur : derrière un pitch génial (des personnages de jeux vidéos détruisent New York !) se colle quand même l’idée d’un film de 2 minutes étiré en 100, et Adam Sandler est loin d’être le comique le plus fin aux États-Unis. Reste que les nostalgiques d’Atari, de Pac Man et de Space Invaders devraient rigoler devant un Peter Dinklage déguisé en rock star des années 70.
29/7 : Le Petit Prince de Mark Osborne
C’est l’histoire d’une histoire. C’est l’histoire d’une petite fille, intrépide et curieuse, qui vit dans un monde d’adultes. C’est l’histoire d’un aviateur, excentrique et facétieux, qui n’a jamais vraiment grandi. C’est l’histoire du Petit Prince qui va les réunir dans une aventure extraordinaire… Mark Osborne (Bob l’éponge, Kung Fu Panda) se frotte au classique de la littérature faussement enfantine avec une animation plutôt réussie et un casting vocal de rêve (Marion Cotillard, Vincent Cassel, André Dussollier…). L’occasion de (re)découvrir un incontournable qui, malgré ses 70 printemps, reste d’une troublante beauté et parle toujours aux enfants.
Juillet « ACTION »
1/7 : Terminator : Genisys d’Alan Taylor
En 2029, la guerre entre l’Homme et les Machines fait toujours rage. John Connor apprend alors une terrible nouvelle : SkyNet a décidé d’attaquer sur deux fronts simultanés, le passé et le futur… Cinquième volet d’une saga forcément culte, marquée par deux premiers opus (réalisés par James Cameron) toujours inégalés dans le cinéma SF d’action, Terminator : Genisys ne laisse planer aucun doute sur son haut taux de testostérone, de carambolages et de fusillades homériques. Rien de neuf sous le soleil si ce n’est la présence d’Alan Taylor à la réalisation (grand habitué des séries comme Rome, Sopranos, Mad Men et Game of Thrones mais aussi réalisateur de l’excellent Thor 2 : into the darkness) et pourquoi bouder son plaisir de revoir, enfin, Arnold Schwarzenegger dans son rôle le plus emblématique.
22/7 : Ant-Man de Peyton Reed
Petit escroc, Scott Lang devient malgré lui le nouveau Ant-Man, le super-héros capable de rétrécir à volonté. Hank Pym, l’ancien Ant-Man, fait appel à Scott pour exécuter un cambriolage qui pourrait sauver le monde… La domination Marvel sur le monde des blockbusters ne semble pas près de se terminer : Ant-Man, dernier opus de la phase 2 de Marvel au cinéma (avant Captain America : Civil War) fait un peu peur aux fans, non seulement pour l’éviction d’Edgar Wright derrière la caméra (le surdoué de Shaun of the dead, Hot Fuzz et Scott Pilgrim) mais aussi parce que Ant-Man est un personnage complexe, bourré de défauts et de travers qui le rendent terriblement humain. Hollywood jouera-t-elle le jeu à fond ? Effets spéciaux, combats épiques et bonne dose d’humour adolescent sauront toutefois combler les attentes des spectateurs, assurément.
Juillet « DOCUS »

8/7 : Dior et moi de Frédéric Tcheng
Immersion dans la prestigieuse maison Christian Dior à l'heure où l'arrivée du Belge Raf Simons fait bouger les lignes et agite les salariés de l'entreprise… Gloire et beauté, stress et égo surdimensionné, Dior et moi est presque un film hollywoodien à part entière tant il mélange les émotions et un savoir-faire technique irréprochable. L’occasion de découvrir l’envers du décor de la mode après The September Issue il y a quelques années sur Anna Wintour.
8/7 : Amy d’Asif Kapadia
Avec les propres mots d’Amy Winehouse et des images inédites, Asif Kapadia nous fait découvrir la vie de cette incroyable artiste, récompensée par six Grammy Awards et décédée en 2011 à l’âge de 27 ans… Acclamé (et critiqué) à Cannes, le documentaire d’Asif Kapadia (déjà auteur du formidable Senna) lève un coin du voile sur une artiste surdouée, condamnée à l’autodestruction et icône post-moderne de la rock star excessive absolue. Les fans hurleront peut-être au scandale, les autres apprécieront à sa juste valeur un documentaire flamboyant, dont la principale qualité reste un personnage bigger than life, quasi mythique.
Juillet « SUSPENS »

22/7 : Mr Holmes de Bill Condon
En 1947, Sherlock Holmes, depuis longtemps à la retraite, vit paisiblement dans le Sussex, avec sa gouvernante et son fils, un détective amateur. Mais la quiétude recherchée n'est que de façade. Une affaire vieille de 50 ans le hante encore et toujours… Bill Condon n’est pas le plus brillant des cinéastes (Twilight 4-1 et 5-2, Le Cinquième pouvoir) mais il a su, au détour de son Gods and Monsters (biographie fictionnelle du réalisateur culte James Whale), montrer qu’il pouvait être un séduisant narrateur quand le casting s’y prête. Tant mieux : déjà présent dans Gods and Monsters, Ian McKellen reprend du service et incarne un Holmes fatigué, un peu désabusé, à l’opposé de son propre mythe mais avec une pointe du cynisme qui fait souvent mouche. Et puis, le Sussex en été, c’est quand même so british.
29/7 : Everything will be fine de Wim Wenders
Écrivain moyen, Thomas Eldan tue accidentellement un enfant un soir de déprime. Après plusieurs années, Thomas connaît un succès retentissant avec la novellisation de son drame. Mais le passé semble le rattraper… Wim Wenders est sans conteste capable du meilleur comme du pire. Après quelques perles en cinéma documentaire (Pina, Le Sel de la Terre), il revient à la fiction avec une histoire somme toute simple, de culpabilité et de rédemption, à la différence près que le casting est des plus intéressants qu’il s’agit du premier drame humain à utiliser la 3D (habituellement réservé aux films d’actions et aux films d’horreur). Détail sympathique : la prouesse technique est assurée par Benoit Debie, un chef opérateur bien de chez nous ! Et si le film n’est pas le chef-d’œuvre espéré, il n’en demeure pas moins une jolie réflexion sur l’art, l’amour et la mort. Du pur Wenders, donc.
Juillet « CURIOSITÉS »

8/7 : Que Viva Eisenstein de Peter Greenaway
Évocation du tournage de Que viva Mexico de Segueï Eisenstein, et principalement des dix jours qu’il passa au Mexique. Dix jours qui changèrent sa façon de voir le cinéma, mais aussi la vie… Après le semi-réussi Pasolini d’Abel Ferrara, un autre cinéaste underground s’intéresse à l’une des grandes figures de l’histoire du cinéma : Eisenstein. Celui que l’on considère, à juste titre, comme l’un des fondateurs du montage moderne trouve, sous la caméra distinguée et un peu hallucinée de Peter Greenaway, l’évocation de son film maudit, inachevé, monté sans son accord et qu’il considéra pourtant comme son préféré, dans l’esprit du moins. Trip étonnant, hommage émouvant, film déroutant, Que Viva Eisenstein c’est un peu tout ça à la fois.
29/7 : Love de Gaspard Noé
Suite à la disparition de son ex Électra, Murphy va se souvenir de sa grande histoire d’amour tumultueuse avec cette dernière, faite de promesses de jeux, d’excès et d’erreurs… Pétard mouillé du dernier Festival de Cannes (le film n’a suscité aucune réaction viscérale, contrairement aux précédents films de Noé), Love n’en est pas pour autant une œuvre à sous-estimer : d’une part, c’est à nouveau Benoit Debie derrière la caméra (mais si, le chef op belge surdoué de Spring Breakers, Lost River et Everything will be fine, voir ci-dessus), chargé de réaliser par ailleurs diverses scènes pornographiques en 3D… D’autre part, Noé possède suffisamment de talent pour protéger une œuvre dérangeante, à part, une sorte d’ovni dans le paysage cinématographique français. Cinq ans après le nébuleux et vénéneux Enter the void.
Juillet « DVD »


Pas envie de sortir ? Pas de panique, Culture a aussi pensé à vos lecteurs de salon ! Les enfants trouveront par exemple leur bonheur dans le délirant Bob l’éponge – le film : un héros sort de l’eau (sortie le 8/7) ou le légèrement essoufflé Nuit au musée 3 (1/7).
Les amateurs d’action pencheront peut-être davantage du côté de Chappie, la surprenante et touchante (et par moments légèrement niaise) fable humaniste de Neil Blomkamp (22/7).
Mais ce sont surtout les cinéphiles qui seront gâtés avec les sorties consécutives du bluffant Birdman d’Alejandro Gonzalez Inarritu (8/7), le barré Inherent Vice de Paul Thomas Anderson (15/7), le génialement glacial The Voices de Marjanne Satrapi (22/7) et le retour en forme de Tim Burton avec Big Eyes (28/7). De quoi passer un mois de juillet au chaud, en salles ou sous la couette !
Bastien Martin
Juin 2015
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Bastien Martin est doctorant en cinéma


