Théâtre de Liège : présentation de la saison 2014-2015

TLAprès une première saison haute en couleurs et riche en succès, le Théâtre de Liège a récemment dévoilé sa nouvelle programmation. La diversité sera au rendez-vous pour l'année à venir, et le programme concocté par nos voisins de l'Émulation devrait, sans aucun doute, rencontrer l'intérêt de ses publics. Large aperçu (non exhaustif) des activités prévues par le théâtre pour 2014-2015.

 

Inscrire le théâtre dans la vi(ll)e

Le Théâtre de Liège, après avoir fait peau neuve, enregistre un bilan positif après une première année dans les bâtiments de l'Émulation. Au cours de la saison dernière, ce sont en effet près de 60 000 visiteurs qui auront participé à l'ensemble des activités proposées par l'équipe. Désormais implanté au cœur de la Cité Ardente, le théâtre multiplie les initiatives pour s'affirmer comme espace de découvertes et de rencontres, et non uniquement comme un lieu de spectacles. En proposant des activités culturelles variées, des visites guidées1, des conférences... en permettant l'échange et la réunion avant ou après les représentations au Café des Arts, mais aussi en accueillant en son sein la librairie Pax Aparté (qui accompagne de nombreux spectacles par ses sélections), c'est une volonté d'inscrire le théâtre dans la ville et dans la vie culturelle liégeoise qui se dégage de ce projet.

De manière générale, il ne s'agira pas pour le Théâtre de Liège de se replier sur lui-même. Des projets qui l'unissent à des partenaires de l'Eurégio, de la Grande Région mais également à d'autres institutions liégeoises (Cité Miroir, ESACT, Chiroux,...) parsèment en effet le calendrier pour l'année à venir. « À bras ouverts ». Le slogan pour la saison 2014-2015, à l'instar de l'affiche dont la photo – signée Marie-Françoise Plissart – donne à voir des publics réunis au sein de la lumineuse bâtisse, semble résumer l'objectif de diversification (des activités et des publics) poursuivi par le Théâtre de Liège.

invisibleOn notera que l'inscription dans la sphère sociale passera également par les commémorations de la Grande Guerre. En effet, cette année, la saison s'ouvrira plus tôt que de coutume avec le concert du Centenaire. Le 20 août 2014, en vue de rendre hommage aux événements tragiques survenus cent ans auparavant sur la Place de l'Université2, l'Ensemble Quartz entonnera des œuvres de compositeurs belges de l'époque pour la plupart tombées dans l'oubli : Concertino pour hautbois et orchestre à cordes (Sylvain Dupuis), Adagio pour cordes (Guillaume Lekeu), La ronde Wallonne (Jospeph Jongen), Exil et Harmonie du soir (Eugène Ysaÿe), mais également Le Tombeau de Couperin (Maurice Ravel). Cet événement, entièrement gratuit, s'inscrit dans le cadre d'une journée commémorative organisée conjointement par l'Université de Liège, la Société Libre de l'Émulation, le Théâtre de Liège, la Ville et la Province de Liège. Au programme sont prévus une matinée de conférences publiques (« Comprendre les événements du 20 août 1914 »), une projection du docufiction Les Trois Serments. La première guerre mondiale en Belgique de Jacques Donjean (scénarisé par Philippe Raxhon), une cérémonie devant le bas-relief commémoratif, une mini-exposition, et enfin, le concert du Centenaire, qui se déroulera dans la salle de la Grande Main3.

La saison démarrera également avec une forme – décidément fort à propos – questionnant la place de l'art dans l'espace public : [in]visible – [un]sichtbar de Angie Hiesl et Roland Kaiser , un projet porté par le réseau TOTAL THEATRE, collaboration entre six institutions de la Grande Région. La performance se nourrit de l'espace urbain, autant qu'elle l'interroge.

La part belle aux cabarets

Cabaret du bout de la nuit-Wassertiefel(c)Marek RogowiecPetite spécificité réjouissante de cette saison, deux spectacles de type cabaret seront au rendez-vous. Axel de Booseré et Maggy Jacot, après leur farce Alpenstock si bien accueillie en janvier dernier, reviennent au Théâtre de Liège avec Cabaret du bout de la nuit. Les deux créateurs de la compagnie Arsenic (à qui l'on doit notamment Dragon ou Éclats d'Harms Cabaret), désormais liés à la compagnie Pop-up qu'ils ont fondée, proposent une nouvelle création au ton impertinent et déjanté. Sur fond de cabaret, il y est question de guerre, de sexisme, de racisme, de nationalisme et d'autres maux. La compagnie dresse un portrait au vitriol de la Belle époque, dans un spectacle où l'on reconnait la griffe irrévérencieuse et inventive qui fit le succès de l'équipe artistique.

Plus loin dans la programmation (et notamment prévu pour le Réveillon de l'An), on retrouve le célébrissime Cabaret dans une mise en scène signée Michel Kacenelenbogen et chorégraphié par Thierry Smits, danseur et chorégraphe belge de renommée internationale. Dans une version assez proche de la pièce initiale, le spectacle explore un Berlin des années trente, où le jeune Cliff Bradshaw, poussant la porte du Kit Kat Club, fait la rencontre de l'ensorcelante Sally Bowles.

Parmi les invités

Dans son éditorial, Serge Rangoni annonce la venue de quelques personnalités remarquables :

L'actrice Anne Alvaro sera présente dans Le Prince de Hombourg, un texte de Heinrich von Kleist mis en scène par Giorgio Barberio Corsetti et qui ouvrira le Festival d'Avignon cet été dans la Cour d'honneur. Le Théâtre de Liège, qui coproduit le spectacle, a mis ses ateliers de couture au service des costumes.

Annie Mercier, actrice française pour le théâtre, le cinéma et la télévision, figurera dans le casting d'Un été à Osage County. Ce récit de réunion de famille qui tourne au vinaigre, sorti dernièrement sur les écrans, est porté à la scène par Dominique Pitoiset.

Toni Servillo, metteur en scène et acteur italien de renom, présentera la comédie populaire Le voci di dentro d'Eduardo De Filippo. Les deux frères Toni et Peppe Servillo y endossent les rôles des frères Saporito, qui soupçonnent leurs voisins de dissimuler un cadavre.

L'écrivain flamand Tom Lanoye effectuera une lecture d'extraits de La Langue de ma mère, Les Boîtes en carton et Forteresse. Deux autres textes (Koningin Lear et Revue Ravage) sont également à découvrir à Maastricht et Hasselt.

Seront également présentes les deux comédiennes Viviane de Muynck dans Ghost Road et Janine Godinas dans Petites histoires de la folie ordinaire puis Le Tramway des enfants.

voci lannoye ghostRoad
De g à d : Le Voci di dentro, Tom Lannoye et Ghost Road

 

Cycle Jean-Marie Piemme

Jean-Marie Piemme, homme de théâtre d'origine liégeoise, se verra consacré un cycle au cours de la première semaine du mois de décembre : trois de ses textes seront présentés pour ainsi célébrer l'œuvre d'une figure majeure du paysage théâtral contemporain en Belgique francophone. Dramaturge, auteur dramatique mais mais aussi auteur d'articles théoriques, il est également professeur à l'Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS).

Ami des Belges- Dominique GaulL'ami des belges,mis en scène par Jean Lambert, relate, sur un ton satirique, les déboires en terre belge d'un français milliardaire cherchant à obtenir la nationalité belge pour profiter d'un avantageux régime fiscal. L'acteur Fabrice Schillaci, après s'être frotté une première fois à la plume de Piemme avec Dialogue d'un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis, s'empare à nouveau des mots de l'auteur et incarne un personnage de crapule fortunée.

PiemmePhilippe Jeusette et Virginie Thirion présentent quant à eux J'habitais une petite maison sans grâce, j'aimais le boudin. La pièce consiste en une adaptation théâtrale de Spoutnik, récit autobiographique de Jean-Marie Piemme, où celui-ci parcourt son enfance à Seraing, le passage à l'âge adulte, les événements politiques qui ont marqué sa jeunesse.

Le café des patriotes, projet monté par Mathias Simons et les étudiants de l'ESACT, revient sur une Belgique des années quatre-vingt, moment où survient une série de hold-up meurtriers. L'entrée  sera gratuite pour les spectateurs en possession d'un billet de L'ami des belges ou de J'habitais une petite maison sans grâce, j'aimais le boudin.

 

Deux spectacles signés Fabrice Murgia

Âgé d'à peine un peu plus de trente ans, Fabrice Murgia est déjà considéré comme l'une des personnalités incontournables du milieu théâtral en Wallonie. Formé à l'ESACT, il travaille comme comédien pour le théâtre, le cinéma et la télévision mais aussi comme auteur et metteur en scène. Sa première pièce, Le Chagrin des ogres, montée à l'occasion du Festival de Liège en 2009, remporte immédiatement un large succès et révèle le jeune metteur en scène. La même année, il devient artiste associé du Théâtre National, le plus jeune que l'institution ait jamais connu. Son travail, puisant largement dans les nouvelles technologies, ausculte une génération qui est la sienne, questionnant tour à tour identité et virtualité.

Premier volet d'un triptyque dédié aux villes désertées, Ghost Road trouve sa genèse dans un voyage sur la mythique Route 66 qu'effectue Fabrice Murgia en 2010 alors qu'il travaille sur Dieu est un DJ. Cette route fantôme, dans laquelle il voit la métaphore du déclin de l'Amérique et de l'échec de notre système économique, lui inspire un spectacle où plane un parfum de mélancolie et de solitude, mêlant texte, images et chant. Viviane de Muynck y incarne une femme seule, représentante de ces lieux désertés.

peur

Le spectacle Notre peur de n'être, qui sera présenté à Avignon cet été, insuffle pour sa part l'espoir à la génération montante. Dans une mise en scène à la fois épurée, dynamique et résolument visuelle – au point d'être volontiers qualifiée de « cinématographique – Fabrice Murgia construit une réflexion portant sur notre civilisation et ses transformations, en s'appuyant sur l'essai Petite Poucette de Michel Serres et s'inspirant des Hikikomori, ces jeunes japonais vivant reclus pour se préserver d'une société qu'ils appréhendent par le biais de leurs écrans.

D'autres spectacles à voir

Après une première étape de travail présentée à Liège au Festival Émulation, la création du spectacle Entre rêve et poussière, écrit et mis en scène par David Daubresse – fondateur de la compagnie Art & tça à qui l'on doit Nourrir l'humanité est un métier et Grève 60 [RÊVE GENERAL] – se fera en octobre prochain. L'auteur s'inspire de sa propre enfance pour parler des difficultés scolaires d'une fillette imaginative.

Avec Le Triomphe de l'amour, Galin Stoev (La vie est un rêve, Danse Delhi) propose une lecture originale du texte de Marivaux dont l'intrigue repose sur la séduction et le déguisement. En optant pour une distribution entièrement masculine, le metteur en scène insuffle de la nouveauté à la pièce, et pose autrement ces questions de travestissement en jouant sur l'ambiguité des genres.

blackbirdAprès avoir connu un succès indéniable lors du dernier Festival Émulation et remporté le prix du jury international, le Collectif Impakt voit son Blackbird programmé dans la prochaine saison. Le spectacle, tout en finesse, raconte la troublante réunion d'Alex et Una, qui se sont aimés quinze ans plus tôt, alors que la jeune fille était toujours mineure.

Le Théâtre de Liège accueillera également la jeune compagnie de cirque Sisters, fondée en Suède en 2010 par trois jeunes circassiens d'origines française, danoise et espagnole. Leur spectacle Clockwork joue de ces corps – si différents les uns des autres – et de leurs mouvements, qui semblent s'unir pour défier les lois de la gravité.

jumeauxMetteur en scène, comédien et enseignant (ESACT), Mathias Simon est bien connu du milieu théâtral liégeois. Outre le projet Le café des patriotes qu'il monte avec ses étudiants présenté à l'occasion de la rétrospective consacrée à Jean-Marie Piemme, Mathias Simons s'attaque à un texte de Carlo Goldoni, Les Jumeaux vénitiens, avec une distribution qui devrait charmer le public. Quiproquos et scénographie rappellent sans cesse le thème du double sur lequel repose cette comédie.

afterthewallsAfter The Walls (UTOPIA) est le dernier volet de la Trilogie des parenthèses entamée par Anne-Cécile Vandalem. À l'instar des deux premiers chapitres, le thème de l'habitation y est central. Fiction d'anticipation entre la conférence et la forme théâtrale, le spectacle confronte le regard des architectes à celui des habitants.

L'Ubik group, qui réunit Anja Tillberg, Emilia Tillberg et Sylvai Daï, présente Pourquoi Ève vient-elle chez Adam ce soir ?un projet qui trouve sa source dans un exercice de l'ESACT réalisé en 2009. Adam Nikolaïevitch Krassovski vit seul, décalé. Quand survient Eva Artemievna Dagaran, son univers se voit bousculé.

Sixième édition du Festival Émulation

emulationCette année encore, le festival Émulation permettra d'attirer l'attention sur la jeune création en fédération Wallonie-Bruxelles. Cinq spectacles d’artistes émergents seront ainsi présentés à Liège entre le 19 et le 25 avril.

Arance, de Pietro Marullo, dénonce une forme moderne de l'esclavagisme, celle des immigrés travaillant comme saisonniers dans divers pays d'Europe. Le jeune metteur en scène, d'origine italienne et établi à Bruxelles depuis 2008 – où il a suivi le cursus de mise en scène de l'INSAS – collabore régulièrement avec la France, l'Italie et l'Allemagne. Il a entre autres joué dans le Death in Venice de Thomas Ostermeier à la Biennale de Venise en 2011, et participé au Festival F.I.N.D.Plus 2011 à la Schaubühne de Berlin.

Le récit de Déséquilibre, écrit et mis en scène par Gaëtan d'Agostino, consiste en une introspection d'une mère dont la fille, encore adolescente, s'est suicidée par noyade. Comédien de formation (il obtient son Premier Prix au Conservatoire de Liège), il s'adonne à l'écriture et la mise en scène aussi bien pour le théâtre que le cinéma. Depuis plusieurs années, il collabore avec Anne-Cécile Vandalem – également au programme de la saison avec After The Walls (UTOPIA).

Entre l'installation plastique, le théâtre et la performance, La Preuve de Mathias Varenne vise à tester les limites de son spectateur, non sans un brin de provocation. Un spectacle où se mêlent meurtre et amour, passion, jeunesse et corps languissants, du rouge, du bleu. Marqué par sa formation à l'ESACT puis par ses expériences professionnelles avec Armel Roussel et Lucille Calmel, l'acteur-metteur en scène reste attaché à une conception collective de la création, ainsi qu'à une pratique artistique à la croisée des médiums.

La Vecchia Vacca(c)Vincent ArbeletLa Vecchia Vacca premier spectacle de Salvatore Calcagno, jeune metteur en scène diplômé de l'INSAS en 2012, dépeint d'obsessionnelles figures de mères nourricières affairées à choyer un fils ployant sous le poids de tant d'amour. Dans la distribution, on repère Chloé De Grom, nominée meilleur espoir féminin aux prix de la critique 2013 (et que l'on retrouve également dans Petites histoires de la folie ordinaire quelques mois plus tôt dans le programme de la saison).

lecuyerDans Petite âme, écrit et mis en scène par Vincent Lécuyer, personne ne semble véritablement se réjouir du mariage d'Érick et Eunisa. À travers cette histoire aux airs de conte, l'auteur-metteur en scène interroge les êtres et ce qui les définissent à l'aide d'une écriture sensible et laissant une place à l'imaginaire du spectateur. Acteur pour le théâtre et le cinéma – il a notamment collaboré avec Bouli Lanners, Galin Stoev et Anne-Cécile Vandalem – Vincent Lécuyer est aussi connu du public comme chauffeur-interviewer de l'émission de la RTBF Hep Taxi !

 

Jeune public et spectacles « ado »

Plusieurs spectacles de la saison, susceptibles d'intéresser le jeune public, ont été mis en évidence dans le programme.

Le metteur en scène Baptiste Isaia, associé au Collectif Mensuel (L'Homme qui valait 35 milliards), propose 2043,une adaptation du roman Blackout de Sam Mills. Spectacle d'anticipation faisant clairement référence à Orwell, il a été salué aux Rencontres Jeune Public de Huy 2013 (prix de la Ministre de l'enseignement secondaire et prix de la Ville de Huy pour la création sonore et musicale).

La Compagnie Karyatides (Karine Birgé et Marie Delhaye) monte le fameux roman de Victor Hugo Les Misérables dans une version de théâtre d'objet. Le spectacle, qui s'annonce inventif et plein de surprises, est accessible aux enfants à partir de dix ans, et pourra ainsi être découvert en famille.

apprentiDéjà au programme de la saison à l'occasion du cycle Jean-Marie Piemme en décembre, Jean Lambert, l'un des fondateurs des Ateliers de la Colline – dont certains auront peut-être vu le remarquable Tête à claques programmé dernièrement à la Cité Miroir – revient en mars avec L'Apprenti, une pièce touchante qui explore les relations père/fils.

sanglierSpectacle présenté en collaboration avec le Centre Culturel des Chiroux, porté par Julie Antoine, Sarah Antoine, Aurélie Deloche et Christine Aventin, Red Shoes interroge la manière dont la société détermine à la fois genre et identité. Ce questionnement se construit au travers du personnage de Judy, prisonnière du mot « femme » qui lui fut assigné dès sa naissance, et auquel elle dut se plier tout au long de son existence. Toujours dans le cadre du partenariat avec les Chiroux, La Nuit du sanglier du Zététique Théâtre (Djibi.com) sonde les rapports parfois complexes de fratrie.

Les samedis Jeunes

HastaDésireux de mettre en place de nouvelles formules, le Théâtre de Liège organisera quatre « samedis Jeunes ». Débutant par un cocktail et prolongeant le spectacle par une soirée (Dj), elles visent essentiellement le public 18-30 ans et proposent des spectacles à prix démocratiques (7€).

Ghost Road (Fabrice Murgia) ouvrira le bal le 25 octobre. La deuxième soirée, prévue le 22 novembre, permettra de découvrir Petites histoires de la folie ordinaire de David Strosberg qui explore le côté loufoque et pathétique du quotidien. Le 28 février, il s'agira du spectacle Hasta la Vista Omayra de Jeanne Dandoy, seul en scène mêlant le souvenir du martyre d'une fillette colombienne à la question de la maternité ou de Gagner et perdre/Beckett, triptyque par lequel Isabelle Gyselinx redonne toute son importance à un auteur aujourd'hui peu monté. Ces soirées spéciales se clôtureront le 4 avril avec Le Tramway des enfants de Philippe Blasband et Pierre Sartenaer, dans lequel des fantômes d'enfants voyagent à bord d'un tramway invisible.

 

Danse

Tragedie(c)Francois StemmerChorégraphe et danseur au talent mondialement reconnu, Olivier Dubois présentera à Liège le troisième volet de sa trilogie « Étude critique pour un trompe-l'œil » entamée en 2009 avec Révolution et poursuivie en 2011 par le solo Rouge. Tragédie, l'ultime partie créée en 2012 à Avignon, repose sur la mise en scène de dix-huit corps nus pris dans une mécanique répétitive et hypnotique.

Claudio Bernardo, danseur et chorégraphe brésilien, implanté en Belgique depuis le milieu les années quatre-vingt où il se forme auprès de Maurice Béjart, est bien connu de la scène belge et internationale. Il revient à Liège avec le solo Só20 – déjà présenté l'hiver dernier lors du Festival Pays de Danses – qui consiste en une méditation sur le processus de création et de la mémoire.

Pierre Droulers, artiste associé à Charleroi Danses, reprend sa fameuse pièce pour cinq danseurs De l'air et du vent, dont la création remonte à 1996. L'artiste, qui se définit lui-même comme un « plasticien des corps », propose avec ce spectacle une véritable réflexion sur le mouvement.

Samedi détente constitue le premier projet en tant que chorégraphe de la chanteuse et danseuse d'origine rwandaise Dorothée Munyaneza. Le titre de la pièce fait référence à une émission radiophonique à succès qui passait sur les ondes avant que ne surviennent les événements de 1994.

Mais aussi

Le programme du Théâtre de Liège, déjà bien riche, ne s'arrête toutefois pas aux manifestations reprises jusqu'ici. Depuis 2008, un projet de collaboration culturelle l'unit au Theater aan het Vrijthof de Maastricht, au cultuurcentrum de Hasselt, au Kulturbetrieb Stadt de Aachen et l'asbl Chudoscnik Sunergia de Eupen. D'autres spectacles notables (Wim Vandekeybus, Ivo van Hove,...)  sont encore à découvrir hors des Murs de l'Émulation, en théâtre comme en danse4.

 
Lison Jousten
Juin 2014
 
 
 
  crayongris2 Lison Jousten est étudiante en 2e master Arts du spectacle
 

 

1 À la mi-septembre, dans le cadre des Journées du Patrimoine, des visites guidées seront à nouveau prévues. Une belle occasion de découvrir les bâtiments de l'Émulation, si ce n'est encore fait, ainsi que les coulisses, les loges, les ateliers de couture, et bien d'autres espaces qui demeurent généralement à l'abri du regard du public.

2 Le 20 août 1914, l'armée allemande fusille dix-sept civils avant de provoquer un incendie qui dévore la Place de l'Université. Le bâtiment de la Société Libre de l'Émulation, sa bibliothèque, ses archives, ses collections et ses orgues sont détruits, les locaux de l’Université, vandalisés et dévalisés. La place sera renommée Place du 20-Août après la guerre, en hommage aux disparus – dont les noms sont gravés dans la plaque commémorative apposée sur le mur de l'Université
3 Pour plus d'informations sur ces commémorations, consultez la page suivante : www.ulg.ac.be/1418
4 Le programme complet est disponible sur le site du Théâtre de Liège : www.theatredeliege.be/de_DE/euregio.html